Quant à rentrer en sautant sur le rebord, c'était trop risqué, car emporté par notre élan on pouvait tomber de l'autre côté, et là pas de possibilité de réception avant l'entrée de l'immeuble. Et une chute de 7 étages, c'est assez risqué même si Boulégon est très fort et moi très souple. Nous, on ne veut pas finir avec seulement trois pattes, comme Tripatouille, le copain de Kucing, un ancien de la maison de Bougnette.
Conclusion : il fallait attendre que quelqu'un vienne nous délivrer. On n'a pas voulu gratter sur les volets de Mademoiselle H. On ne voulait pas la réveiller en sursaut et en plus comme elle est un peu sourde, elle ne nous aurait probablement pas entendus et c'est nos parents adoptifs qui nous auraient entendus. Alors cela aurait fait monter très haut le cours de la friandise et engendré peut-être d'autre mesure de rétorsion. Miauler, ni Boulégon, ni moi, n'avons une voix qui porte.
C'est évidemment Mamounette qui nous a repérés. Avant de se coucher, chaque matin - car Mamounette se couche très tard - elle veut savoir où on est et nous cherche. Donc ce matin-là, elle est venue sur sa terrasse (la petite du 8ème, pour ceux qui suivent) et nous a vus. Mais elle n'a pas voulu réveiller Papounet pour venir nous chercher car il dormait déjà. On a donc passé la nuit dehors mais cette nuit à la belle étoile fut beaucoup plus agréable que les deux que j'avais passé toute seule, sur le toit du 7ème (voir le chapitre 3 de mon journal). En effet, il faisait plus chaud, de plus j'avais mon Boulélion à côté de moi et Mamounette qui venait régulièrement nous parler.
Dès potron-minet (j'adore cette expression), alerté dès son réveil par Mamounette, Papounet a entrepris notre exfiltration du balcon de Mademoiselle H. Il est arrivé avec le petit escabeau à 3 marches, l'a posé devant le petit frigo, est monté sur le rebord puis a déposé l'escabeau sur le balcon de Mademoiselle H. et il a attendu que l'on grimpe, mais nous, on était un peu inquiets car il prenait beaucoup de place sur le rebord alors on est resté là à le regarder.
Papounet a fini par comprendre et est descendu sur le balcon de Mademoiselle H. - heureusement celle-ci dormait encore et n'a rien vu de la violation de balcon (c'est comme ça qu'on dit, je crois).
Quand il est arrivé en bas, Boulégon a monté les marches de l'escabeau et est rentré à la maison.
Moi, j'osais toujours pas, alors Papounet m'a pris dans ses bras et m'a ramenée à la maison. Pour le remercier, je lui ai fait un gros ronron.
Epilogue : Peu après cette histoire, un jour Papounet a dit : "Euréka, j'ai trouvé la solution, au lieu de faire une séparation en plexiglas qui se casse les jours de grand vent, je vais mettre un treillis, comme au 8ème étage, ainsi le problème du vent sera réglé".
Ainsi fut fait ainsi fut dit, vous pouvez voir, comme moi, le résultat de cette dernière opération. Et nous on a à nouveau le droit d'aller sur ce balcon.