Si c'est moi qui habituellement écris ce journal, cet épisode m'a été largement raconté par Boulégon. En effet, comme vous le verrez bientôt, je n'étais pas vraiment sur les lieux de l'action et je ne pouvais donc pas, toute seule, écrire toute l'histoire.
Nous allons donc vous narrer cette aventure à deux voix.
Moi 
- Le lundi 17 janvier, très tôt dans la nuit, je suis sortie sur la grande terrasse car Boulégon, qui sort bien plus que moi, m'avait dit qu'il se passait des choses bizarres dehors, notamment que l'eau de la piscine des oiseaux, sur les graviers du 8ème, se couvrait d'une pellicule dure : j'ai voulu voir cela de mes propres yeux.
Je me suis donc rendue devant la piscine aux oiseaux et j'ai mis la papatoune dans l'eau. Brrr… C'était très froid, mais très rigolo avec cette plaque dure qui glissait dans l'eau. J'ai sorti la papatoune de l'eau et je l'ai agitée pour la sécher (comme je fais quand je bois dans l'évier et que j'arrose de petits gouttes le dos du Papounet, c'est d'autant plus rigolo que ça l'agace un peu).
Ensuite, j'ai entendu un bruit bizarre du côté des gros tuyaux et n'écoutant que ma curiosité légendaire, comme celle de presque tous les chats d'ailleurs, je suis allée voir et là, patatras, j'ai glissé et suis tombée dans le vide … heureusement sur une terrasse à graviers, un étage plus bas.
Après m'être remise de mes émotions - encore une fois plus de peur que de mal - j'ai constaté que je ne pouvais pas sortir de là toute seule. Et j'ai donc commencé à explorer ce nouvel endroit…
Boulégon 
- Ce matin-là, Mamounette s'inquiète de ne pas voir Bichette, comme d'habitude avec moi près de son lit. Elle tapote, elle appelle, Bichette n'arrive pas. Mamounette fouille alors dans tous les placards, elle regarde toutes nos cachettes et elle ne la trouve toujours pas.
- Forcément puisque j'étais dehors !
- Le temps passe, je sens son inquiétude grandir, et finalement elle demande à Papounet d'agir.
Ce dernier descend dans le jardin, ne la trouve pas, et dit : "Si elle est tombée, elle n'est pas morte car je n'ai trouvé aucune trace d'elle". Puis il va sur la grande terrasse, regarde si elle n'est pas tombée chez la voisine du dessous et jette un coup d'œil sur les graviers du 7ème étage.
- Malgré le froid, je trouve rigolo de me cacher sous un gros tuyau, comme cela Papounet ne me trouve pas. Il fait froid, mais je le supporte bien pour l'instant, et l'excitation de cette aventure fait que je n'ai pas encore très faim.
- Dans la maison, plus le temps passe, plus l'inquiétude grandit, même moi je me demande ce que mon intrépide de sœur a encore inventé.
Coup de fil à l'organisme des puces (électroniques, pas celles qui grattent) pour signaler la disparition de Bichette, coups de fil aux vétos du quartier pour la même chose. Tout le monde se veut apaisant, rassurant : "Il n'y a que quelques heures qu'elle a disparu.", disent-ils tous en chœur.
Papounet prépare une affichette avec une photo de Bichette (où elle est à son avantage) qu'il va distribuer un peu partout, dans l'immeuble, dans les immeubles avoisinants, chez les commerçants connus du coin et même à l'école maternelle de l'autre côté du jardin. Il raconte aussi l'aventure à Maryse qui connaît plein de monde.
Tout le monde l'accueille gentiment avec compassion, mais toutes ses tentatives font chou blanc ainsi qu'une deuxième tournée dans les jardins du secteur.
- Forcément personne ne m'a vue et je ne vais quand même pas sauter du 6ème dans le vide pour le rencontrer, je risque de me faire bigrement mal !
Il y a maintenant une journée que je suis sur les graviers du 7ème étage, il ne fait toujours pas très chaud et j'ai un peu faim, mais Mère Dodue a de la réserve et du cran. Alors haut les cœurs !
Quand, au cœur de la nuit, Mamounette vient sur la grande terrasse et sur les graviers du 8ème étage, elle a beau allumer le rayon rouge qui rend fous chats et chatons, je résiste encore et ne me manifeste pas.
Mais au petit matin de ce deuxième jour, je commence à trouver le temps très long, j'ai un peu froid maintenant et je commence à avoir vraiment faim. Et je me demande pourquoi Boulégon, mon frère, mon fidèle compagnon, ne m'a pas encore repérée.
Alors Clergie décide de faire une petite prière.
Les heures passent.