Au Paradis des Chats on est très bien mais on s'est engagé, tous ici, à ne jamais parler de notre situation dans cet Eden, pour éviter les polémiques. Et je tiendrai parole, tant pis pour vous.
Cependant, l'autre jour, j'ai entendu une nouvelle qui m'a un peu surprise. En effet venait d'arriver au Paradis des Chats une petite chatonne du nom de Kijang. Une petite chatonne qui n'a pas eu une vie très heureuse et qui a quitté le monde d'en bas après seulement quelques mois d'existence mais qui est très gentille même si elle a souvent les yeux un peu tristes.
Et cette chatonne parlait, entre autres, d'un endroit où elle avait vécu qui s'appelait "la maison de Bougnette". Endroit où elle avait été très bien accueillie, mais où elle n'est pas restée longtemps, car, avec son frère Kucing, ils étaient encore traumatisés de leur premier contact avec les humains et n'ont pas pu s'adapter malgré la gentillesse des hôtes du lieu. C'est ce que plusieurs condisciples m'ont raconté, car ils avaient fait un rapprochement entre moi et ce nom "la maison de Bougnette".
Très intriguée, je suis partie à la recherche de Kijang et j'ai fini par la trouver. Je voulais en savoir plus sur cette "maison de Bougnette", mais Kijang n'a pu m'en décrire qu'une petite partie : une chambre, une salle de bains et un palier où elle s'est aventurée une fois ou deux. Mais cela m'a suffi pour reconnaître mon dernier domicile, celui où j'ai passé près de 20 très belles années. J'ai trouvé assez triste que Kijang n'ait pas pu trouver les clefs de ma maison. Certes elle n'en aurait pas beaucoup profité mais quand même !
Passé l'euphorie d'avoir un site éponyme – je sens que je deviens un peu pompeuse –, je me suis remémoré quelques-uns des meilleurs moments vécus dans cette maison et puis je me suis rappelé que j'avais commencé à raconter mon histoire, mais que je m'étais arrêtée en cours de route, promettant une suite, que, depuis près de quinze ans, je n'ai toujours pas écrite.
Mieux vaut tard que jamais, je tiendrai parole et c'est tant mieux pour vous cette fois, mais comme je suis un peu paresseuse – comme LUI – ce sera service minimum. J'avais terminé la première partie de mon histoire (que vous pouvez lire ou relire ci-dessus) ainsi :
"Bon, réflexion faite, je vous en ai assez raconté pour une première … La prochaine fois, je vous parlerai de l'Ohème et de la dame du vendredi qui porte des chaussons léopard. En attendant, gros câlins ronronnants."
Je me sens un peu obligée de poursuivre.
L'Ohème : Je n'ai pas besoin de vous présenter l'Ohème, il paraît que tous les humains ou presque savent ce qu'est l'Ohème (je suis un peu marseillaise moi aussi, mais moins que Bibounette).
Là, je dois faire un aparté pour vous présenter Bibounette. Je l'ai déjà évoquée dans la première partie de mon histoire, mais sans vous donner plus d'explications. Je dois quand même vous dire qui est Bibounette, même si les plus perspicaces d'entre vous l'ont déjà deviné.
Bibounette était une jolie chatonne noire et blanche qui m'a précédée chez EUX. Elle n'a pas connu "la maison de Bougnette", car comme moi à mes débuts, elle s'est partagée entre leurs 2 appartements, mais restant beaucoup plus souvent chez ELLE que chez LUI et donc habituée au top case de la moto pour les transferts d'un appartement à l'autre.
C'est ELLE, à l'époque où elle habitait à Marseille, qui avait recueilli une petite chatonne abandonnée. Il paraîtrait que celle-ci a failli s'appeler Rensenbrink, car ELLE l'a trouvée pendant la coupe du monde de football 1978 où un certain Rensenbrink marquait beaucoup de buts (ELLE aimait beaucoup le football et regardait les matchs à la télévision).